Une sévère objection ... à relativiser!
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Deux articles qui tendent à relativiser l'objection de Cohen at Glashow (voir ici, ici et ici mes précédents blogs) faite à l'interprétation de l'anomalie observée par OPERA en termes de neutrinos supraluminiques
Il s'agit de OPERA neutrinos and relativity par Giovanni Amelino-Camelia, Laurent Friedel, Jerzy Kowalski-Glikman et Lee Smolin
et de Weakness of accelerator bounds on electron superluminbality without a preferred frame par GIovanni Amelinio-Camelia, Giulia Gubitosi, Nicolo Loret, Flavio Mercati et Giacomo Rosati
Ces deux articles font valoir qu'il y a deux façons d'aller au-delà de la théorie de la relativité resteinte. On peut soit considérer que l'invariance de Lorentz est brisée par l'existence d'un référentiel privilégié (une sorte d'éther), soit considérer que la symétrie de Lorentz est déformée par l'existence, en plus de la vitesse de la lumière c d'une autre quantité dimensionnée ne dépendant pas de l'observateur (une masse, notée M* , qui pourrait être la masse de Planck intervenant en théorie quantique de la gravitation). Ils font valoir que l'objection de Cohen et Glashow, qui condamne l'hypothèse des neutrinos supraluminiques, est fondée sur la première approche (symétrie de Lorentz brisée) alors que des approches fondées sur l'hypothèse d'une symétrie de Lorentz déformée pourraient laisser une chance de validité à l'hypothèse de neutrinos supraluminiques. Certes cet argument peut sembler un peu "tiré par les cheveux" car on en dispose pas encore de schémas théoriques permettant de faire des prédictions quantitatives à partir de scénarios de symétrie déformée, mais il faut cependant reconnaître qu'il y a de séreux arguments théoriques qui tendent à favoriser ces scénarios au détriment de ceux basés sur une symétrie de Lorentz brisée. D'une part, d'un point de vue historique, on peut noter que quand on est passé de la relativité galiléenne à la relativité restreinte, l'approche basée sur la symétrie galiléenne brisée, qui faisait intervenir un référentiel privilégié, celui de l'éther, prônée par Poincaré et Lorentz n'a pas abouti, alors que celle de l'invariance galiléenne déformée, qui élimine l'éther comme référentiel privilégié,et qui intègre la prise en compte de l'existence d'une vitesse invariante, prônée par Einstein, a abouti à la théorie de la relativité restreinte. D'autre part, toutes les recherches actuelles sur une possible théorie de la gravitation quantique, pointent vers l'idée que l'on en pourra pas se passer d'une déformation de la théorie de la relativité restreinte pour prendre en compte l'existence d'une nouvelle échelle dimensionnée, autre que celle liée à la vitesse de la lumière.
Le débat reste donc très ouvert: on ne peut que se réjouir de la façon dont la publication de l'anomalie OPERA a stimulé des débats aussi intéressants
A suivre ...
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Mis à jour (Lundi, 07 Novembre 2011 15:48)


